
Balade en Baie d’Audierne : Vestiges de l’usine de concassage de galets en Finistère-Sud
Chers voyageurs et amateurs d’histoire,
Aujourd’hui, je vous emmène en balade dans un lieu fascinant situé en Finistère-Sud. Au lieu-dit Prad ar C’hastell, sur la commune de Tréguennec, se trouvent les vestiges d’une usine de concassage de galets qui a une histoire tout à fait unique. Suivez-moi dans cette aventure pour découvrir le passé mystérieux de cet endroit.
Un voyage dans le temps…Les vestiges de l’usine de concassage de galets
Témoin silencieux de l’histoire tumultueuse de la Seconde Guerre mondiale. Ce mur de béton, colossal, mesurant 2 mètres d’épaisseur et s’étirant sur 150 mètres de long était autrefois une usine de concassage de galets. Construite en 1943 par l’occupant allemand, cette usine avait pour mission de produire du gravier destiné à la construction de nombreuses structures du mur de l’Atlantique.
Le témoignage d’une époque sombre
Les ruines des bâtiments du concasseur principal et des bunkers se dressent encore fièrement, rappelant une époque marquée par l’occupation allemande. On peut y apercevoir des tobrouks, des puits à mitrailleuses, ainsi que des blockhaus. Ces structures nous rappellent l’importance stratégique de cette région pendant la Seconde Guerre mondiale.
L’exploitation des galets sous l’occupation
Pendant la guerre, les Allemands ont entrepris d’importantes extractions de galets dans la région pour divers projets de construction. Notamment l’extension de voies ferrées et la création de casemates et de bunkers dans le secteur Finistère-Sud. L’extraction était un travail intensif, mobilisant des centaines d’ouvriers volontaires, dont certains étaient des habitants locaux.
La période de la reconstruction
Après la Libération, le camp de Tréguennec, qui abritait cette usine, a été abandonné par les Allemands. Cependant, le gouvernement français a pris une décision audacieuse. Il a choisi de remettre l’usine en marche pour répondre aux besoins de reconstruction du pays et notamment de la ville de Brest. Le stock de galets laissé sur place par les Allemands était considérable, et cela représentait une économie importante pour l’État.
La fermeture de l’usine et ses conséquences
En 1947, alors que la reconstruction battait son plein, l’administration a été confrontée à un dilemme : arrêter l’exploitation ou continuer avec de nouvelles extractions. Cependant, les risques pour la dune côtière ont finalement conduit à la décision d’arrêter l’exploitation à la fin de 1947. En février 1948, le site a été officiellement fermé.
L’héritage et la préservation
Malheureusement, même après la fermeture officielle, des entrepreneurs locaux ont poursuivi illégalement les prélèvements de galets pendant des décennies. Cette activité a finalement conduit à la rupture de la dune en 1966, mettant en évidence la fragilité du cordon littoral.
Ce n’est que dans les années 1990 que les collectivités locales ont pris conscience de l’importance de préserver le milieu naturel de la région. Aujourd’hui, la baie d’Audierne est reconnue comme un « Site d’intérêt européen » en raison de ses paysages uniques et de sa biodiversité exceptionnelle, en particulier en ce qui concerne les oiseaux.
Le cordon de galets et sa riche faune et flore en Finistère-Sud
Il existe un trésor naturel tout aussi fascinant que l’histoire de l’usine de concassage de galets. Ce trésor, c’est le cordon de galets qui a façonné le paysage côtier de cette région pendant des siècles.
Le cordon de galets : une formation naturelle fragilisée
Autrefois, ce cordon de galets, graviers et sable s’étendait sur une cinquantaine de mètres, atteignant même plus de 100 mètres par endroits. Il se dressait entre 7 à 8 mètres de haut, formant une barrière naturelle entre la terre et la mer. Cependant, son histoire est marquée par la fragilité, l’érosion et l’intervention humaine.
L’érosion et le recul du trait de côte
Le cordon de galets, jusqu’à aujourd’hui est soumis à une érosion constante. Les tempêtes, la montée du niveau de la mer et les prélèvements excessifs de sable et de galets dans le passé ont contribué à son recul progressif. Cela a eu comme conséquences de modifier le paysage côtier et menaçant la faune et la flore qui en dépendent.
La faune et la flore de la baie d’Audierne : un trésor écologique
Malgré les défis auxquels il est confronté, cet environnement fragilisé est le refuge d’une biodiversité exceptionnelle. La baie d’Audierne est classée comme un « Site d’intérêt européen » en raison de ses paysages uniques et de la richesse de sa faune et de sa flore.
L’avifaune y trouve un sanctuaire, avec 310 espèces d’oiseaux qui y nichent ou y migrent, sur les 450 espèces identifiées en France. Ces oiseaux trouvent refuge dans les étangs littoraux et les vastes roselières environnantes, offrant ainsi un spectacle impressionnant pour les amateurs d’ornithologie.
La flore côtière est également remarquable, avec des espèces adaptées aux conditions extrêmes du littoral. Les plantes halophytes, capables de résister à la salinité de l’eau de mer, peuplent les dunes et les espaces entre les galets, créant un écosystème unique.
La préservation pour l’avenir
La baie d’Audierne reste un trésor naturel qui mérite d’être préservé pour les générations futures. La cohabitation harmonieuse entre l’histoire mouvementée de la région et sa biodiversité unique est un témoignage vivant de la capacité de la nature à se régénérer, à s’adapter et à prospérer, même dans les conditions les plus adverses.
Se balader entre les vestiges de l’usine de concassage de galets en Finistère-Sud est une expérience à la fois captivante et émouvante. Cet endroit nous rappelle les épreuves traversées par cette région pendant la guerre, ainsi que la résilience de ses habitants.
A voir aussi :
La sculpture de Simon Augade
L’artiste lorientais Simon Augade a créé une sculpture en forme d’observatoire intitulée « Derrière lesbarreaux, entre les roseaux »dans le cadre du projet « art et nature » de la CCPBS. L’œuvre a été inaugurée à la maison de la baie d’Audierne le 30 septembre 2023. Pour sa création, il s’est inspiré de l’environnement local, notamment du concasseur. Cette sculpture reflète sa réflexion sur notre relation avec l’environnement.
La maison de la baie d’Audierne et son observatoire
La maison de la baie d’Audierne offre aux visiteurs la possibilité de découvrir ce patrimoine à travers divers espaces dédiés tels qu’une zone de lecture, de jeux, d’expositions. De plus, elle constitue un lieu de rencontre pour les membres de l’association « Les Amis de la Baie d’Audierne ».
En bref …
Si vous voulez vous balader en Finistère-Sud, je vous encourage vivement à faire une halte à Prad ar C’hastell sur la petite commune de Tréguennec. Vous plongerez dans ce morceau d’histoire fascinant et profiterez des paysages exceptionnels de la baie d’Audierne.
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Bonne Balade en Finistère sud !
Kenavo !

